La mort ne voulait pas de lui

Lori Lansens vient de gagner une place sur ma liste de lecture. Les égarés, son plus récent roman, m’a séduite et donné le goût de mieux connaître son œuvre.

Le propos

L’action se déroule principalement dans les montagnes de la Californie, tard à l’automne. Wolf a dix-huit ans et pour souligner cet anniversaire (en fait pour ne pas avoir à en souligner d’autres), il est parti sans son indispensable sac à dos, il a pris le téléphérique puis il a emprunté les sentiers qu’il avait si souvent arpentés avec son ami Byrd, avant l’accident. Son but, faire le grand saut. Son plan est cependant déjoué par la rencontre de trois femmes, Nola, Bridget et Vonn, trois générations d’une même famille, qui cherchent sans succès le lac Secret, lieu de mémoire de Nola, et qui implorent Wolf de les guider. Cependant, un incident les entraîne hors des sentiers connus. Perdus, sans eau et sans nourriture, trop légèrement vêtus, ils passeront quatre jours et quatre nuits à lutter pour leur survie. Les dangers sont partout : blessures, froid, bêtes sauvages, vautours. Personne ne sortira indemne de l’aventure.

Lori Lansens a du souffle et du talent pour créer une atmosphère de tension, des personnages complexes et attachants, ainsi que pour construire un récit qui ménage ses effets et ses révélations. Les souvenirs qu’éveille la montagne nous permettent de comprendre ce qui a conduit Wolf à son entreprise désespérée. Les descriptions de la nature sont précises, concrètes et évocatrices à la fois. Les égarés est un hommage à l’amitié, au courage, à la résilience.

Extrait

Vonn n’a pas opposé de résistance quand j’ai tiré son pied vers moi et elle a seulement fermé les yeux lorsque j’ai lentement mis ses orteils dans ma bouche. Je les ai réchauffés avec ma langue, puis je les ai sucés avec douceur pour y faire circuler le sang de nouveau. J’ai été ému par ses gémissements, qui n’avaient rien à voir avec le plaisir. Je ne pouvais lui épargner la souffrance, mais les engelures, peut-être. Dans le noir, nous nous sommes regardés, et ces étranges circonstances ont engendré l’un des plus grands et singuliers moments d’intimité de ma vie. (p. 267)

Pour en savoir plus, lire d’autres points de vue : dans le Journal de Montréal, le Soleil, la Presse.

Lori Lansens, Les égarés, Alto, 2018, 489 pages

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :