Le doute de Jésus

Le livre du hasard

Pas tout à fait. Si j’ai choisi ce livre lors de la vente de débarras de la Bibliothèque de Québec, c’est en raison du nom de l’auteur. Je n’avais jamais rien lu de Norman Mailer, ce monument de la littérature américaine. Je n’allais pas bouder l’occasion qui se présentait.

Étonnant roman

Je ne m’attendais pas vraiment à ce que L’évangile selon le fils reprenne le fil narratif du Nouveau Testament par la bouche de son principal protagoniste et en se tenant au plus près des textes officiels. Bine avant que Nothomb le fasse, Mailer donne audacieusement la parole à Jésus qui nous raconte sa vie en cherchant à éliminer les faussetés et les exagérations des auteurs des évangiles retenus par l’Église. C’est donc un récit dans lequel on retrouve tous les points essentiels de l’histoire connue, revisitée par un Jésus dont la nature divine n’est pas remise en question, mais qui s’avère aussi très humain, sujet au doute, à la colère, à l’attachement, à la vanité, et quoi encore. Indépendamment de la question de la foi, l’histoire de ce Juif, qui a probablement existé, qui a fait l’apologie d’une révolutionnaire philosophie humaniste et dont l’influence sur l’histoire a été considérable, reste fascinante.

Extrait

La vérité est plus précieuse même que les cieux. Que l’on comprenne bien ceci: mon Père n’a peut-être pas vaincu le Diable. Moins de quarante ans après que je mourus sur La Croix, un million de Juifs furent tués dans une guerre contre Rome. Du Grand Temple, il ne resta qu’un mur. Pourtant le Seigneur se montra aussi malin que Satan. Il comprenait les hommes et les femmes mieux que le Diable. Car mon Père savait comment tirer avantage d’une défaite en la qualifiant de victoire. (p.220)

Norman Mailer, L’Évangile selon le Fils, Plan, 1997, 221 pages

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