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Archive for the ‘Émission littéraire’ Category

Je vais m’ennuyer! La Grande librairie fait relâche pour l’été. Il est encore temps de regarder la dernière de la saison, en reprise, le 28 mai à 10 heures sur TV5. Dans le décor inspirant de la Grand Librairie d’Arras (oui, oui, Grand sans le e), 6 écrivains échangent sur leurs coups de coeur, classiques et contemporains, à mettre dans la valise de l’été. Leurs échanges sont pleins d’humour, de vivacité et d’intelligence et se corsent lorsque chacun est appelé à présenter le livre qu’il n’a jamais pu aimer. Pour terminer, quatre libraires suggèrent le roman étranger incontournable à jeter sur le dessus du bagage. Plein de titres à prendre en note. Un bon moment littéraire, un feu d’artifice précurseur de celui de la Saint-Jean.

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Un autre moment jubilatoire* en compagnie de François Busnel et de ses invités – écrivains, linguistes, correctrice (au Québec, on dirait réviseure). Des érudits qui échangent passionnément autour de la langue française, de ses innombrables influences étrangères dont l’arabe et l’anglais (qui a lui même emprunté quelque 15 000 mots au français), de la manière dont les poètes et les rappeurs, entre autres, la déconstruisent et le font évoluer. Des puits de science qui nous donnent l’impression d’être nous-mêmes intelligents. Et surtout peut-être qui donnent à réfléchir à cet incroyable métissage de la langue en ces temps où les questions d’immigration et de mixité sociale alimentent tant de passions contradictoires.

Voyez le résumé de l’émission sur le site de La Grande librairie:

Dans «Les Religions, la Parole et la Violence», publié chez Odile Jacob, le linguiste Claude Hagège analyse les discours des religions. Gallimard publie dans la collection Quarto onze romans de Tahar Ben Jelloun. L’auteur et conteur marocain a lui-même choisi les oeuvres contenues dans cet ouvrage. De son côté,dans «Nos ancêtres les Arabes. Ce que notre langue leur doit» (JC Lattès), le lexicologue Jean Pruvost rappelle ce que la langue française doit à l’arabe. Correctrice au journal «Le Monde», Muriel Gilbert publie «Au bonheur des fautes : Confessions d’une dompteuse de mots», à la Librairie Vuibert. La journaliste américaine Lauren Collins évoque son apprentissage du français dans «Lost in French», édité par Flammarion.

Ça ne paraît pas, juste comme ça, en lisant ces titres sérieux, mais si vous vous intéressez un tant soi peu à la langue, vous passerez un moment extraordinaire.

* La Grande librairie, 13 avril 2017

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La Grande librairie* nous offre cette semaine un moment délectable avec des invités tous plus intéressants les uns que les autres. J’avais d’abord été attirée par Erik Orsenna (Portrait du Golf Stream, La grammaire est une chanson douce) qui a le don de s’emparer d’un sujet austère pour l’étudier sous tous ses angles, en s’appuyant sur ceux qui savent, et nous rendre le tout de sa plume précise, élégance et finement humoristique. En le lisant on se croit intelligent. Il nous parle cette fois-ci de La géopolitique du moustique. Faut le faire. Et quelle fougue pour en causer! Faut savoir que le fil d’Ariane de cette émission, c’est la bêtise humaine et l’intelligence animale. Pour en traiter, il a également invité le doyen de l’Académie française, René de Obadia, un jeune homme de 98 ans dont la verdeur d’esprit fait les délices d’Orsenna et des autres. Aussi du nombre, Emmanuelle Pouydebat, une scientifique qui publie L’intelligence animale, et Denis Grozdanovitch, Le génie de la bêtise. J’avais beaucoup aimé certains des chapitres de L’art perdu de ne presque rien faire. Je ne doute pas que ce dernier opus soit tout aussi intéressant. Enfin, entre tous les invités, circule la chaleur,  la complicité, voire la tendresse. Un pique-nique littéraire, un feu d’artifice du langage. Et le point d’orgue de cette réflexion sur la bêtise, la grande Toni Morrison qui nous parle depuis sa maison de New York de ce qui se passe dans son pays. Comme le résume si bien Grozdanovitch, ce n’est pas Make America great again, mais plutôt Make America White again.

Ne manquez pas ce moment de pur bonheur.

*6 avril 2017

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Très belle émission de La grande librairie, ce soir (23 mars 2017). Un thème qui me tient particulièrement à coeur en ce moment: la relation à la mère dans les romans. Dans Ma mère, cette inconnue, Philippe Labro s’acquitte de l’attente qu’avait formulée à son égard sa fratrie, soit d’écrire la vie singulière de leur mère. Anne Dauphine-Julliand quant à elle raconte la perte de son deuxième enfant, une petite fille, pour que ses frères, plus tard, bénéficient eux aussi de ce que la petite leur a appris, comment vivre au jour le jour, comment être heureux. Le titre a quelque chose de touchant, voire de bouleversant: Deux petits pas sur le sable mouillé. Abdallah Taïa, Marocain vivant en France, évoque sous le mode épistolaire sa relation de benjamin non désiré. Je passe sur les lauréates du prix France Télévision, toutes deux fort intéressantes pour souligner la présence de la grande écrivaine américaine qu’est Louise Erdrich dont j’avais lu avec beaucoup d’émotion Dans le silence du vent, un livre magnifique. Quelques-unes de ses œuvres ont été recommandées par François Busnuel, dont Le pique-nique des orphelins que je me propose de lire à la première occasion.

Comme toujours, des réflexions captivantes sur le rôle de l’écrivain, de la lecture, de la frontière poreuse entre réalité et fiction. Mais surtout, ce soir, ces regards, bleus ou sombres, tendres ou brûlants. Une douceur entre ces écrivains réunis autour d’une idée, le lien à la mère, et d’un désir, dire, raconter au plus près de la vérité, non pas celle des faits, mais celle des émotions.

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