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Archive for the ‘Uncategorized’ Category

C’est chaque fois la même chose ! Quand je me retire pour travailler sur un roman, j’emporte bien sûr avec moi des livres, mais jamais en quantité suffisante. Heureusement, les gens qui me laissent squatter leur nid sont souvent des amoureux de la lecture, comme c’est le cas pour les amis très chers qui me prêtent actuellement leur condo pendant qu’ils sont en voyage. J’y suis entre autres tombée sur un John le Carré que je n’avais pas lu : Notre jeu.

UnknownLe prolifique auteur de romans d’espionnage se prête ici à une très brillante illustration du classique triangle amoureux, lequel n’est pas une fin en soi, mais un subtil décor pour la mise en scène d’affrontements autrement plus tragiques, le conflit armé entre Moscou et une minorité ethnique, celle des Ingouches, tribu musulmane du Caucase, réprimée de l’époque des tsars à celle d’Eltsine.

Timothy Cranmer ayant fait carrière dans le Service de renseignement britannique coule une retraite tranquille dans un petit manoir, assorti d’une vigne, qu’il a hérité d’un oncle fortuné. Tranquille jusqu’à ce soir où deux policiers sonnent à sa porte à une heure trop tardive pour être une visite anodine. On apprendra assez rapidement que son ami Larry, qui a travaillé sous ses ordres durant plus de 20 ans comme agent double pour le compte de la Grande-Bretagne et de la Russie, est disparu et qu’il est soupçonné d’avoir détourné quelque 130 millions de livres au trésor russe. Timothy comprendra également qu’il est lui-même soupçonné d’être son complice, non seulement par la police, mais également par le Service de renseignement.

Timothy éprouve pour Larry des sentiments ambigus : il est sa chose puisqu’il lui a tout appris du métier d’espion, il est l’ami avec qui il a partagé tant d’aventures, il est l’ennemi depuis qu’il a séduit Emma, son grand amour. Lorsqu’Emma disparaît à son tour, des forces sombres et insoupçonnées se déchaîneront en lui.

Déterminé à échapper à la traque dont il fait l’objet et à retrouver Emma, Timothy mettra en oeuvre sa fine connaissance des stratagèmes de l’espionnage pour couvrir sa poursuite des deux fugitifs. Cela le mènera très loin, à un point de vérité et de non-retour.

Enlevant dès les premières pages, Notre jeu est une histoire multidimensionnelle et complexe qui s’éclaire petit à petit au gré des réminiscences du narrateur. Rien jamais n’est simpliste avec John le Carré. Les personnages tout comme le récit font appel à l’intelligence du lecteur. Mais on est si rarement (jamais?) déçus.

John le Carré, Notre jeu, Seuil,1996, 365 pages

 

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De ma cachette où je me consacre à l’écriture d’un nouveau roman dont la sortie est prévue en 2019, voici, en rafale, un aperçu de mes lectures de ma première semaine de retraite fermée.

IMG_0981David Goudreault, La bête à sa mère, 2015, Stanké, 231 pages

Je vous parle en premier de ma dernière lecture parce que j’aurais peur que vous ne vous rendiez pas au bout de cet article et que vous manquiez cette information. Je vous l’assure, La bête à sa mère n’est pas un livre banal.

Goudreault nous plonge dans un univers sordide, celui de l’alcool, du jeu et de la drogue, celui de la délinquance sévère qui mène au crime organisé (son rêve) ou à la prison. Ou aux deux. Et Gaudreault nous en parle en connaissance de cause, étant lui-même un rescapé de ce monde obscur et désespéré.

L’histoire est dure, presque insoutenable par moments. Un enfant de familles d’accueil, familles au plus-que-pluriel, atteint enfin sa majorité (en chiffre, mais non en maturité) et part à la recherche de la mère suicidaire à qui les services sociaux l’ont un jour arraché. Sa quête parsemée de délits plus ou moins graves le mènera à Sherbrooke où il croit avoir enfin retrouvé la mère perdue et idéalisée. Repoussant sans cesse la rencontre, notre héros (dont ne je suis pas certaine d’avoir lu le prénom) obtient un emploi à la SPA, son premier emploi salarié à vie (et son dernier, il a plus d’ambition que ça), et continue d’accumuler les forfaits, comme un cheminement obligé vers son acceptation dans un groupe criminalisé de prestige.

J’avoue que sans l’humour féroce et la sensibilité à fleur de peau de l’auteur, j’aurais peut-être décroché tant sont implacables les rouages qui mènent à sa perte ce jeune homme à la fois candide et cruel, déconnecté de la réalité, se fabriquant un univers sur mesure pour supporter la misère psychologique à laquelle son parcours l’a condamné.

On entretient plein de préjugés envers les criminels. C’est n’importe quoi, tous envient nos vies palpitantes. La moitié des films et des livres nous concernent. Toute une industrie prospère autour des séries télévisées sur nous. C’est hypocrite de nous juger, ensuite. Sans compter que les criminels sont probablement les plus grands justiciers. C’est vrai. La majorité, voire la totalité des criminels ont eux-mêmes été victimes d’injustices ou de sévices. Ils redistribuent. Ils reprennent leur part. Il faudrait le reconnaître au moins.

Intelligent, fidèle au raisonnement tordu des délinquants de tout acabit.

David Goudreault, c’est une plume, qu’on se le dise! Un poète. Un gars un peu génial. Sachez qu’il a remporté à Paris, en 2011, la Coupe du monde de slam de poésie au terme d’une joute verbale avec les 16 meilleurs slameurs (francophones, j’imagine) au monde. Une petite visite à son site vous en donnera un échantillon. J’ai eu la chance de la voir en spectacle lors des Correspondances d’Eastman, cet été, et le talent de ce jeune homme m’a littéralement soufflé.

 

IMG_0978Daniel Grenier, La solitude de l’écrivain de fond, 2017, le Quartanier, 89 pages

Le court essai de Daniel Grenier reprend, en le traduisant, le titre d’un ouvrage d’un écrivain américain, Wright Morris, aussi productif que méconnu. Deux sensibilités qui se rencontrent. En écho aux textes de Morris, Grenier réfléchit ici sur l’art de la fiction et sur ce qui pousse un écrivain à inventer des mondes. Intéressant.

Lydie Salvayre, Portrait de l’écrivain en animal domestique, 2007, Seuil, 235 pagesIMG_0979

Je vous l’avoue d’entrée de jeu, je n’ai pas terminé la lecture de cette fiction déjantée et grinçante. Une écrivaine qui croit en son génie, mais qui se retrouve malgré tout désargentée, se met au service d’un multimilliardaire souhaitant publier son évangile, comprenez ses préceptes de gestion et de vie qui l’ont mené à ces sommets de fortune. L’homme est purement odieux et non sans ressemblance à un certain roi de l’immobilier parvenu au sommet du pouvoir. Pourtant même si j’ai l’impression que Salaire y dépeint cet homme honni entre tous, il n’en est rien puisqu’en 2007, la catastrophe qui s’est abattue sur les États-Unis en 2016 était encore tout à fait inimaginable. Le sujet a donc de l’intérêt, la plume de Salvayre est acérée et inventive, mais à mi-bouquin, et même avant, je me suis lassée de cet univers putride, de dominant dominé.

Je ne dis pas que le livre de l’auteur (prix Goncourt de 2014) est mauvais pour autant. Question de sensibilité, encore une fois.

IMG_0980Lisa Gardner, Le saut de l’ange, 2017, Albin Michel, 471 pages

Celui-là, je l’ai lu en deux jours, mais je ne vous en ferai pas l’éloge pour autant. Ce polar nous captive assez rapidement et on veut en connaître le dénouement au plus vite, dénouement par ailleurs décevant, tiré par les cheveux.

En gros, c’est l’histoire d’une jeune femme plus ou moins amnésique et qui subit en l’espace de 6 mois, trois accidents lui causant une commotion cérébrale. Ces commotions semblent avoir pour effet de raviver ses souvenirs que son mari préférerait garder dans l’oubli. Dès le départ, le mari est le suspect no 1, mais les choses se complexifient à mesure que le passé refait surface et que les indices recueillis par la police éclairent (ou embrouillent) l’affaire. Dans l’ensemble, le procédé est efficace et addictif, mais pour une habituée des maîtres du genre (Lehane, Connely, Nesbo, Mankell, etc.), Le saut de l’ange finit par décevoir.

 

 

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Voyez sa version finale sous le titre Quand la guerre et l’art dialoguent

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Occasionnellement, je préfère la liseuse au livre papier. Légère malgré les nombreux titres qu’elle contient, rétroéclairée pour une lecture discrète, la nuit, en cas d’insomnie, la lecture sur liseuse me semble une bon complément à son mode traditionnel. De plus, lorsque je suis à court de bouquins, des milliers de titres sont à portée de mes doigts, de jour comme de nuit.

Et rien n’est plus logique, pour alimenter mon appareil, que l’emprunt en bibliothèque, surtout s’il s’agit de romans. En effet, je trouve ennuyeux d’acheter une œuvre de fiction en format dématérialisé, qui sera prisonnière d’une liseuse, donc impossible à prêter comme on le fait avec le bon vieux livre papier.

Et c’est là que commence mon calvaire. Comment trouver un titre intéressant ? Je consulte pour ce faire la liste que j’alimente au fil du temps et des recommandations de sources diverses. Bonne chance pour emprunter un exemplaire d’un de ces titres. Soit ils ne sont pas publiés en format numérique, soit ils sont déjà empruntés et indisponibles avant des semaines, des mois, voire des années ! Je tape alors dans la ligne de recherche des bibliothèques que je fréquente le nom d’auteurs qui me viennent à l’esprit. Même problème. Ces tâtonnements durent une bonne heure avant que je finisse par tomber sur des livres d’intérêt et disponibles à l’emprunt.

J’en suis tout de même venue à bout, aujourd’hui, et j’ai ainsi déniché Mrs Dalloway de Virginia Woolf, une auteure que je veux lire depuis longtemps, et Le retour du professeur de danse de mon cher Henning Mankell. Je vous en donnerai bien sûr des nouvelles, comme à mon habitude.

À bien y penser, les complications de la recherche de titres ont peut-être un avantage, celui de me guider vers des livres que je n’aurais peut-être pas lus autrement… Mais bon, si vous avez des trucs pour faciliter l’exercice de repérage, ne vous gênez pas pour me les faire connaître.

 

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2013 en révision

Les lutins statisticiens de WordPress.com ont préparé le rapport annuel 2013 de ce blog.

En voici un extrait :

Un tramway de San Francisco peut contenir 60 personnes. Ce blog a été visité 2  000 fois en 2013. S’il était un de ces tramways, il aurait dû faire à peu près 33 voyages pour transporter tout le monde.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.

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paperblog

Je valide l’inscription de ce blog au service Paperblog sous le pseudo carmenrob.

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Je vous invite à consulter la section La plume des autres, sur mon blog. Deux poèmes très touchants y ont été déposés par Cathy et Diane. Décidément, le deuil sous toute ses formes est un grand inspirateur. La poésie est souvent alors la forme qui se présente à nous pour exprimer ce qui ne peut se dire autrement.

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