Connelly en lecture rapide

Il est démontré que le cerveau n’a pas besoin de lire chacune des lettres d’un mot pour le reconnaître. Mais le cerveau peut faire encore mieux. Il peut comprendre un texte en sautant carrément par-dessus des mots. On appelle ça la lecture rapide. Des gens paient pour apprendre cette méthode. Bien, moi, je n’ai pas payé un sou pour vivre cette expérience, j’ai simplement ouvert un Connelly. L’adrénaline au plancher, j’ai survolé plusieurs pages sans pouvoir m’astreindre à m’arrêter aux mots. Mon regard planait, hors de tout contrôle. Essayez, vous verrez.

dragonCe Connelly a pour titre Les neuf dragons. Un marchand d’origine chinoise de L.A. est abattu derrière le comptoir de son commerce. Le meurtre porte la signature des triades, cette mafia chinoise qui sévit à Hong Kong, mais également dans les communautés chinoises de l’Amérique du Nord, particulièrement sur la côte ouest. Harry Bosch, l’inspecteur tête-brûlée qui menaient l’enquête du bouquin dont je vous ai parlé dans mon précédent billet, À genoux, est aussi chargé de celle-ci. Rapidement, un membre d’une triade est arrêté. Au même moment, sa fille, Madeline, qui vit à Hong Kong avec sa mère depuis quelques années, est enlevée et envoie à son père une vidéo la montrant ficelée sur une chaise. Les kidnappeurs semblent vouloir dissuader Bosch de maintenir ses accusations contre le suspect sous verrous. Il n’en faudra pas plus pour que Bosch saute dans le premier avion pour aller délivrer sa fille. Dès lors, le lecteur est sous une tension insoutenable. Les morts s’accumulent. Le succès de son entreprise n’est pas évident. Je ne peux vous en dire davantage, bien entendu, sans gâcher votre futur plaisir de lecture.

Si vous êtes amateur de polar, celui-là est pour vous. L’histoire est complexe à souhait, tordue, mais brillamment ficelée. Voyage à Hong Kong en prime.

Quant à moi, je vais prendre une pause et me choisir une prochaine lecture plus zen 😉

Michael Connelly, Les neuf dragons, Seuil, Policiers, 2011, 404 pages.

 

Sur le cul devant À genoux

J’adore Connelly et j’adore Harry Bosch. Connelly est un maître du polar et Bosch, la tête brûlée qui mène ses enquêtes.

genouxDans celle-ci, l’affaire commence par le meurtre du Dr Stanley Kent, spécialiste des substances radioactives utilisées dans le traitement du cancer. Bosch réalise rapidement que le médecin a fait main basse sur un stock important de césium et qu’il a été tué au moment de la livraison de la marchandise. Quelques indices aidant, l’affaire se retrouve bientôt au FBI qui y voient clairement une menace terroriste. Le conflit éclate entre Bosch de la section des Homicide Spécial, chargé de l’enquête sur le meurtre du médecin et Rachel Walling et son coéquipier, qui tentent d’écarter Bosch. Pour le FBI, seul compte l’objectif de retracer le césium alors que Bosch prétend que la prise des assassins les mènera au césium. Bosch ne se gênera pas pour utiliser des méthodes peu orthodoxes pour poursuivre son investigation malgré les entraves du FBI. D’ailleurs, ce n’est pas d’hier que le feu couve entre les agents fédéraux et ceux du Département de police de Los Angeles.

L’enquête menée à un rythme effréné est pleine de rebondissements, crédible et jouissive. Bosch est un personnage à la fois détestable et adorable. Un baveux qui a des principes, un cow-boy lâché loose dans les rues d’Hollywood, vous voyez le genre.

Aussitôt terminé À genoux, j’ai enchaîné avec le suivant, Les neuf dragons.

Michael Connelly, À genoux, Seuil Policiers, 2008, 238 pages