Feeds:
Articles
Commentaires

Il y a des livres qu’on oublie, d’autres dont on se souvient toujours. Comme La route de Cormac McCarthy. Comme Le poids de la neige de Christian Guay-Poliquin. Du moins, j’en fais la gageure. Moins apocalyptique que le précédent, Le poids de la neige ne nous projette pas moins dans un monde post-catastrophe dont on ignore tout à part le fait que plus rien ne fonctionne et que les gens, aux abois, risquent de s’entretuer. Mais ils n’en sont pas encore là.

neigeUn jeune homme est gravement blessé dans un accident de voiture à l’occasion de son retour au village natal, après 10 ans d’absence. Or son père est mort entre temps. Et le village est coupé du monde entier en raison du manque d’électricité et d’essence. On en déduit qu’une catastrophe a frappé depuis un bon moment car les villageois qui n’ont pas fui le village y subsistent en rationnant les vivres et en ayant recours au vétérinaire et à la pharmacienne pour soigner les blessés, dont ce jeune homme aux jambes brisées. Il sera recueilli par un homme plus âgé, Mathias, arrivé là par hasard et coincé par manque de ressources. Ils survivront dans la cuisine d’été d’une maison abandonnée, se nourrissant de soupe et de pain noir ainsi que des quelques provisions apportées par de bon samaritains ayant autrefois connu ce jeune homme. C’est lui, le narrateur. C’est par son regard qu’on découvre la désolation, la peur, la faim et la violence qui s’empare de tout un chacun dans ce décor de fin du monde. Car il neige. Comme il n’a jamais neigé. Et elle pèse lourd, la neige, sur les toits, sur les âmes. On la sent monter en même temps que monte la tension chez les rescapés.

Le poids de la neige est d’abord et avant tout une œuvre d’atmosphère plutôt que d’action. Les quelques affrontements sont moins conséquents que la risque d’affrontement. C’est le règne des promesses trahies, du chacun pour soi. Mais aussi des instants d’entraide, de tendresse et d’espoir. La mort qui rôde fait surgir le meilleur et le pire de l’être humain.

Le style de l’auteur est sobre, factuel, efficace. Il dessine son monde en noir et blanc. Et nous y sommes, dans ce coin de pays que la neige menace d’effacer.

Des cristaux de neige longent la silhouette fuselée des arbres. Ils tombent en ligne droite dans un mouvement continu, léger et pesant à la fois. La neige grimpe jusqu’au bas de ma fenêtre et se presse contre la vitre. On croirait que le niveau d’eau monte dans une pièce sans issue.

Je ne suis pas la première a avoir été séduite par ce roman, car il croule sous les prix, notamment le Prix du gouverneur général, le Prix littéraire des collégiens, le Prix littéraire France-Québec, le Prix Ringuet, le Prix de la relève Montérégie, le Prix des lycéens AIEQ-Suède-Estonie-BArcelone!!! Sans parler des prix pour lesquels il a été sélectionné ou a été finaliste.

Christian Guay-Poliquin, Le poids de la neige, La Peuplade, 2016, 296 pages

 

Vendre son âme

L’ordre du jour. Singulier objet que ce livre. Une plaquette. Tout juste 150 pages. Une petite soirée de lecture et l’affaire est bâclée. Et un prix : le Goncourt, rien de moins.

Mais qu’est-ce que l’auteur veut nous dire au juste par ce récit minutieux de quelques événements qui ont précédé la Deuxième Guerre mondiale ? Sans doute que [l]es grandes catastrophes s’annoncent souvent à petits pas.

Nous sommes le 20 février 1933. 24 hommes d’affaires sont convoqués au palais présidentiel du Reichstag. Qui sont-ils? Büren, Winterfeld, Heubel, Schulte… On les fait attendre, mariner. Et enfin, le président du Reichstag arrive. C’est Hermann Goering. Des élections sont imminentes, il faudra de l’argent pour faire campagne. Puis, le nouveau chancelier entre à son tour, Hitler, que plusieurs rencontrent pour la première fois. Il serre des mains, fait son pitch et repart. Laissant à Goering la tâche de passer le chapeau. Mais qui sont ces hommes? Leur nom a moins d’importance que celui des entreprises qu’ils représentent. Bayer, Opel, Telefunken, Siemens… Ils sont prêts et se tiennent là, impassibles, comme vingt-quatre machines à calculer aux portes de l’Enfer.

Voilà! La question d’argent est réglée. Hitler pourra se faire réélire, asseoir sa dictature et mettre en œuvre ses visées expansionnistes. Reste le problème de l’opinion internationale, européenne surtout. Mais la France comme l’Angleterre détournent la tête, ferment les yeux pendant que Goebbels s’illustre par son art consommé de la propagande, montrant au monde l’invasion d’une Autriche en liesse. On connaît la suite. Le chaos. Le feu, le fer, la cendre. Et Nuremberg qui fera tomber des têtes.

UnknownLe message de l’auteur se trouve sur la couverture du livre. On y voit une photo de Gustav Krupp von Bohlen und Halbach. L’élégance même. Et dans le titre : L’ordre du jour. Cette réunion du 20 février 1933, réunion d’affaires comme les autres, business as usual. Durant la guerre, ces entreprises rouleront grâce à la main-d’œuvre bon marché, peu viable, mais infiniment renouvelable des camps de concentration.

Gustav avait offert sans ciller des sommes astronomiques aux nazis dès la réunion du 20 février 1933, mais à présent son fils, Alfried, se montrait moins prodigue. Avant de se résoudre à payer des réparations, il fit traîner la négociation deux longues années. Chaque séance avec les avocats du Konzern [cartel] était ponctuée de remarques antisémites. On parvint toutefois à un accord. Krupp s’engagea à verser mille deux cent cinquante dollars à chaque rescapé; ce qui était bien peu pour solde de tout compte. Mais le geste de Krupp fut salué unanimement par la presse. Cela lui fit même une remarquable publicité.

Aucun de ces hommes d’affaires ne fut cité à comparaître à Nuremberg. Les entreprises n’occupent pas non plus la Cour de justice internationale de La Haye. Non, elles survivent, prospèrent. On les qualifie parfois de fleurons. Toutes ne vendent peut-être pas leur âme pour le profit, mais…

L’abîme est bordé de hautes demeures.

Un court récit, remarquablement bien écrit. Un coup de poing ciblé dont les ondes de choc se répercutent dans le présent, nous rappelant que des choses parfois hideuses se passent derrière la façade respectable des grandes entreprises qui gouvernent davantage le monde que les élus.

Éric Vuillard, L’ordre du jour, Actes Sud, 2017, 150 pages.

J’ai attaqué mon cadeau de Noël avec énergie en affrontant la brique qu’est La serpe de Philippe Jaenada, prix Fémina 2017. Déjà, une telle reconnaissance, ça encourage son lecteur. Eh bien! j’ai adoré.

serpeLa serpe raconte un fait vécu tel qu’il a été connu du public par la couverture médiatique de l’époque et par les livres qui lui ont été consacrés par la suite. Un fait divers, mais pas n’importe lequel : le triple meurtre d’un frère, d’une sœur et de leur bonne dans un petit château du Périgord, en 1941. Un meurtre sauvage, à coups de serpe, dont sera accusé le fils du châtelain, Henri Girard, puis acquitté par la cour mais toujours coupable dans la mémoire populaire. Or il se trouve que notre auteur est l’ami de Manu Girard, petit-fils du présumé meurtrier, qui croit dur comme fer à l’innocence de son aïeul. Et qui demande avec insistance à Philippe Jaenada d’écrire un livre sur son grand-père.

Il faut dire qu’Henri Girard, après bien des péripéties, des hauts et des bas, deviendra écrivain sous le nom de plume de Georges Arnaud. Il est notamment l’auteur du livre qui inspirera le film du même nom : Le salaire de la peur.

Jaenada finit par céder à Manu. Et il ne le fait pas à moitié. Il lit tout ce qui a été écrit sur le sujet, écoute les reportages et les émissions plus récentes sur ces assassinats sordides. Puis il part pour Périgneux se plonger dans les archives. Il retourne aux sources. Et là, il tire un à un les fils de la pelote informe que constitue cette affaire et tout change. Une lumière nouvelle éclaire les faits, les personnages. Les forces policières et justicières qui ont mené l’enquête et le procès en prennent pour leur rhume.

La démarche de Jaenada est fascinante, son écriture, claire et précise, son humour, imparable. L’histoire, ainsi dépoussiérée, fouillée, interrogée, nous captive tout autant que celles d’un John Le Carré. Et ce que j’ai rigolé! Il multiplie les digressions et les parenthèses sans nous ennuyer, chacune allégeant un peu ce que les faits rappelés ont de sinistre sans pour autant évacuer toute émotion. Très habile! Et difficile à citer hors contexte.

Philippe Jaenada, La serpe, Juliard, 2017, 643 pages

Le plus beau cadeau

Après une pause d’un an pour cause d’achats immodérés de meubles, le plus beau cadeau de Noël dont je puisse rêver était de nouveau sous l’arbre.

Quatorze objets enserrant leur mystère entre deux couvertures. Quatorze voix prêtes à me raconter une histoire pour meubler les sombres soirées d’hiver. Quatorze véhicules qui m’emporteront ailleurs, vers une destination inconnue… Des livres primés récemment, dont certains m’enchanteront et dont d’autres me tomberont peut-être des mains…fullsizeoutput_4793

  • Kazuo Ishiguro, Les vestiges du jour, Prix Nobel de littérature
  • Éric Vuillard, L’ordre du jour, Prix Goncourt
  • Maryam Madjidi, Marx et la poupée, Prix Goncourt du premier roman
  • Yannick Haenel, Tiens ferme ta couronne, Prix Médicis
  • John Edgar Wideman, Écrire pour sauver une vie, Le dossier Louis Till, Prix Fémina étranger
  • Kaouther Adimi, Nos richesses, Prix Renaudot des Lycéens et Prix du style
  • Olivier Guez, La disparition de Josef Mengele, Prix Renaudot
  • Daniel Rondeau, Mécanique du chaos, Grand prix du roman de l’Académie française
  • Pierre Ducrozet, L’invention des corps et Zarca, Panama Underground, Prix de Flore
  • Jean-René Van Der Plaetsen, La nostalgie de l’honneur, Prix Interallié
  • Christian Guay-Poliquin, Le poids de la neige, Prix littéraire France-Québec, Prix littéraire du Gouverneur général, Prix littéraire des collégiens, Prix Ringuet
  • Grégoire Bouillier, Le dossier M, Livre 1, Prix Décembre
  • Philippe Jaenada, La serpe, Prix Fémina

À suivre…

Le meilleur de la trilogie

Complètement fascinée, je n’ai mis que trois jours à dévorer le dernier tome de la trilogie de Karla, Les gens de Smiley de John Le Carré, alors que j’avais un peu traîné de la patte sur le deuxième, Comme un collégien. Pourquoi l’ai-je trouvé meilleur? Peut-être parce que moins de personnages nous étourdissent de leurs histoires individuelles qui s’entrecoupent. Malgré les notes, j’en perdais parfois mon écossais. Mais dans Les gens de Smiley, la foule s’est dispersée pour nous laisser suivre la trace de Smiley lui-même. Et c’est lui qu’on veut voir. C’est lui qu’on aime. Presque de façon incompréhensible d’ailleurs.

Car, en quoi est-il attachant, ce petit bonhomme rondouillard, si peu expressif, si peu liant, si souvent déprimé. Pourtant on lui voue la même admiration que «ses gens» pour qui Smiley, même mis sur la touche, reste le number one, le plus grand, le plus intelligent. Il ne fait pourtant pas étalage de la fulgurante de son cerveau et de sa mémoire phénoménale, présentant souvent le faciès, sinon d’un demeuré, tout au moins d’un petit fonctionnaire sans envergure. Ce qui est d’ailleurs une facette de sa force. Et puis c’est un ambivalent, Smiley! Rien n’est blanc ni noir. Il est à la fois convaincu de son droit et sûr de rien. Il a la foi et doute en même temps. Il se croit intègre tout en pensant parfois n’être que l’envers de la médaille de la brute totale qu’est son ennemi de toujours: Karla.

On se doute bien que ce dernier tome de la trilogie remettra notre fin limier sur les traces de la bête. Mis à la retraite contre son gré, on le rappelle à titre privé pour faire la lumière (ou plutôt pour balayer les miettes sous le tapis) sur une affaire, un crime, qui porte la signature de Karla. Plutôt que d’étouffer l’affaire en faisant passer la victime pour un vieux fou comme on le luis souffle à l’oreille, Smiley monte en douce la preuve qui obligera les services secrets britannique à lui permettre d’aller au bout de sa traque. Je ne vous dirai pas comme se termine l’affaire ni si elle s’avère un succès, mais je vous laisse le plaisir de découvrir toute la finesse de Le Carré lorsqu’il s’agit de conclure.

Pour le reste, c’est du Le Carré à son meilleur. Toujours la même écriture vive, inventive, le même don des descriptions, des atmosphères, des portraits. Du bonheur. Même si je n’ai pas tout compris et que j’aurais intérêt à relire la trilogie si elle ne courait sur un total de 1488 pages!

John Le Carré, Les gens de Smiley, Éditions du Seuil, coll. Points, 1980, 431 pages

Tout sauf un jeu d’enfant

John Le Carré, c’est notoire, est un écrivain très doué. Du souffle, du style, des personnages peu banals, des sujets fouillés. Comme un collégien ne fait pas exception à la règle. Mais ses œuvres ne sont pas du genre facile. Ce roman, le deuxième au cœur de La trilogie de Karla m’est apparu particulièrement ardu à suivre. Et ce, malgré les quelques notes que je prends sur les nombreux personnages qui peuplent le monde sinistre décrit par l’auteur. Celui de l’espionnage, du crime international, de tout ce qu’il y a de répugnant et qui grouille dans les bas-fonds de l’humanité.

UnknownDerrière les trois livres, un être obscur tire les ficelles. Il s’appelle Karla et travaille à la solde de l’URSS. On n’en sait pas beaucoup plus sur lui. Dans La taupe, Karla avait installé son homme, la taupe, à l’intérieur même du Cirque, le siège du renseignement britannique. Dans ce second tome, son homme de paille, Drake Ko, est chinois et rêve d’inonder le continent communiste d’opium. Sur presque 700 pages, on suit les efforts de George Smiley, aux commendes du Cirque depuis la chute de la taupe, et de ses hommes sur le terrain, dont l’ingouvernable Jerry Westerby, pour coincer ces criminels. Or Drake Ko a une maîtresse dont Jerry tombe amoureux. Et quand l’amour s’en mêle! De plus, la quête pour piéger Ko, laborieuse, dangereuse, se mène sur fond de guerre de pouvoir entre les services de renseignements anglais et américains et au cœur même du Cirque. Plusieurs rêvent d’écarter le vieux Georges Smiley et de prendre possession du trône.

L’écriture de John Le Carré est toujours éblouissante, précise, imagée, inventive. À titre d’exemple cette description :

Sa fille était avec eux; trente à quarante ans, blonde, avec une jupe jaune, de la poudre, mais pas de rouge aux lèvres. On avait l’impression que depuis son adolescence rien n’était arrivé à son visage, à part une constante érosion de ses espoirs. Elle rougissait lorsqu’elle parlait, mais parlait rarement. Elle avait fait de la pâtisserie, des sandwiches minces comme des mouchoirs et du gâteau à l’anis posé sur un petit napperon. Pour préparer le thé, elle utilisait une mousseline alourdie par des perles cousues autour du bord. Du plafond pendait un abat-jour en parchemin découpé en forme d’étoile. Un piano droit était disposé contre un mur avec la partition du Montre-nous la lumière, Seigneur ouverte sur le pupitre. Le poème de Kipling, If, en tapisserie, était accroché au-dessus de la cheminée vide, et les rideaux de velours de chaque côté de la grande baie vitrée étaient si lourds qu’ils auraient pu être là pour masquer une partie inutilisée de la vie. Il n’y avait pas un livre, même pas une bible. Mais il y avait un très grand poste de télévision couleur et une longue ligne de cartes de Noël accrochées à un fil, comme des oiseaux abattus à mi-chemin du sol.

L’art de créer une atmosphère!

Quoique touffu, parfois ardu à comprendre en raison du style imagé de l’auteur et des événements historiques qui servent de toile de fond à l’aventure, Comme un collégien est sans contredit un roman fascinant, et tout, sauf un jeu d’enfant.

John Le Carré, Comme un collégien, Éditions du Seuil, coll. Points, 1977, 677 pages

La lecture récente de La servante écarlate de Margaret Atwood m’a donné le goût de relire 1984 de Georges Orwell. Or, alors que je jouais la gardienne de minous et que j’avais épuisé mes provisions de lecture, je découvre 1984 sur les rayons de la bibliothèque de ma fille. Belle coïncidence! Je suis donc passée d’une angoisse à l’autre, d’une dystopie à l’autre. Chacune demeurant terriblement d’actualité malgré que ces deux livres nous viennent du siècle dernier.

1984Orwell a imaginé un monde divisé en trois grandes puissances : l’Oceania née de l’absorption de l’Empire britannique par les États-Unis, l’Eurasia constituée de l’Europe continentale avalée par la Russie, et l’Estasia, un amalgame de pays asiatiques sous la domination de la Chine. Entre ces trois puissances, la pauvre Afrique qui sert de zone tampon. Ces pays guerroient sans discontinuer, moins dans le but de se conquérir mutuellement que de faire rouler l’économie et d’écouler la surabondance de la production pendant que la population manque de tout. Le Parti règne en absolu sur Oceania, sous le regard implacable de Big Brother. Dans ce monde, on oeuvre activement à l’appauvrissement de la langue (la novlangue), au contrôle de la pensée (la double pensée), à la culture de la peur (la Police de la pensée), que dis-je, de la terreur.

Winston Smith, travaille au ministère de la Vérité dont la mission consiste à mettre à jour, en continu, les journaux et les documents pour qu’ils correspondent en tous points à la vérité du moment. Le passé n’existe pas ou du moins ne peut-il être différent des déclarations du Parti. Cette réécriture de l’Histoire vise entre autres à tuer toute critique sur les difficiles conditions de vie, étant donné que la doctrine affirme qu’elles n’ont jamais été meilleures. Or Winston ne peut s’empêcher de douter, de réfléchir, de remettre en question le discours officiel, crime parmi les crimes. Il ne peut faire taire « la protestation silencieuse [qu’il] ressentait dans la moelle de ses os, […] le sentiment instinctif que les conditions dans lesquelles [il] vivait étaient intolérables et, qu’à une époque quelconque, elles devaient avoir été différentes. » C’est le problème avec ceux qui sont nés avant la Révolution, comme Winston, ils ont des souvenirs…

1984, c’est la description du totalitarisme absolu, d’une machine à broyer les humains, d’un formidable lavage de cerveau qui table sur la mort de l’individualité, de la langue, de la vérité. Ce livre qui n’a pas pris une ride depuis sa sortie, en 1949, incite encore à la vigilance soixante-dix ans plus tard, vigilance notamment au fait que la liberté est d’abord intérieure, qu’elle réside dans la capacité à réfléchir par soi-même, capacité proportionnelle à la maîtrise des bases même de la réflexion, la langue.

George Orwell, 1984, Gallimard, Coll. Folio, 408 pages

 

%d blogueurs aiment cette page :