Les couleurs de ma ville

On se laisse parfois distancer par la réalité. Puis d’un seul coup, celle-ci nous rattrape et nous laisse savoir qu’on en a perdu un bout. Ça m’est arrivé aujourd’hui.

Je demeure dans la partie de la ville de Québec qu’on appelle La Cité, autrement dit, la Haute-ville. Et autrement dit aussi, dans le quartier le plus aisé de la ville. Naturellement, les nouveaux venus de tous les coins de la planète ne s’y installent pas d’emblée. À l’exception de la communauté française. J’en ai déjà parlé. De là à radoter que Québec est blanche mur à mur par opposition à Montréal… Blanche et conservatrice à outrance. 

Ce matin, j’écoulais mes surplus de livres et de gadgets électroniques au Marché aux puces de l’arrondissement de Sainte-Foy. J’ai déjà vécu dans ce coin de la ville mais je n’ai pas eu l’occasion d’y retourner souvent depuis une quinzaine d’année. Et ce fut la révélation. Je n’en croyais pas mes yeux. Ça y parlait Chinois, arabe, russe, espagnol et quoi encore. Ou un français fortement accentué. Et ça me faisait plaisir. Ma petite ville bourgeoise n’était peut-être pas aussi repliée sur elle-même qu’on le dit. Je sais qu’il y a aussi une importante communauté tibétaine qui grossit en Basse-ville. Ça me donne espoir dans notre capacité de participer à l’essentielle solidarité humaine, au partage d’une terre de paix et d’espoir.

De mon grand pays solitaire / Je crie avant que de ma taire / À tous les hommes de la terre / Ma maison c’est votre maison / Entre mes quatre murs de glace / Je mets mon temps et mon espace / À préparer le feu, la place / Pour les humains de l’horizon / Et les humains sont de ma race, chantait Vigneault. 

Ce que j’ai vu aujourd’hui, c’est plein de couleurs dans notre maison.

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