Jâai craquĂ©, comme tout le monde, Ă lâĂ©vocation de lâenfance et de lâadolescence dâElena et de Lila, les deux amies au cĆur battant dans la Naples pauvre et poussiĂ©reuse du dĂ©but des annĂ©es 50.

Pas de grands effets littĂ©raires dans cette prose claire et limpide, mais des Ă©motions Ă fleur de peau, des attirances et des rĂ©pulsions, de lâamitiĂ© farouche.
Lila est rebelle, fĂ©roce, mĂ©chante. Elena est douce, obĂ©issante et aimable. Elles frĂ©quentent la mĂȘme Ă©cole et, contre toute attente, elles deviennent des insĂ©parables. Il y a bien des moments ou lâune ou lâautre sâĂ©loigne, reprend son souffle, se cherche elle-mĂȘme, mais toujours elles se retrouvent.
Câest Elena qui raconte. Qui sâĂ©tonne, sâĂ©merveille, sâinterroge Ă propos de son insaisissable, mais prodigieuse amie, si courageuse, si intelligente! Câest par le regard dâElena quâon visite Naples, sa pauvretĂ©, sa violence.
Lâauteur sait rendre avec une grande justesse le comportement instinctif des enfants et des jeunes adolescents qui ne savent pas grand-chose du monde complexe dans lequel la vie les a parachutĂ©s. Mais petit Ă petit, leur monde sâĂ©largit, ils dĂ©couvrent la vie, le passĂ©, qui Ă©claire le prĂ©sent. Et on apprend avec Elena les secrets de sa ville, ces choses passĂ©es ou prĂ©sentes dont personne ne veut parler, les accointances des uns et des autres avec le fascisme de Mussolini, ou avec la pĂšgre, la Camorra.
Jâaime, sous la plume de Ferrante, la complexitĂ© des personnages, leurs infinies contradictions, leur interdĂ©pendance. Câest aussi une formidable histoire de quĂȘte de lâidentitĂ© et de dĂ©sir de sâĂ©lever au-dessus de la misĂšre.
Je fais vite, car jâai trop hĂąte de commenter le tome 2!
Elena Ferrante, Lâamie prodigieuse, Gallimard, Coll. Folio, 2014 (trad. française), 429 pages








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