Colette en image

J’ai visionné avec grand plaisir le film Colette, œuvre américaine du réalisateur Wash Westmoreland produite en 2018 et disponible sur Tou.tv extra (payant, mais actuellement débrouillé). Colette, ce nom éveille en moi des réminiscences de jeunesse. Adolescente ou jeune adulte, je me suis immergée avec délectation dans sa prose ouvragée et ses histoires parfois scabreuses. Si j’ai oublié le plus gros des récits, j’en ai conservé la mémoire d’un plaisir absolu. Aussi, ce film a-t-il titillé un appétit qu’il n’a pas réussi à rassasier, nous laissant au seuil de son émancipation comme écrivaine. Je me suis donc empressée de chercher en librairie une biographie qui me permettrait de prendre la mesure de cette exceptionnelle carrière littéraire.

Les 7 vies de Colette de Frédéric Maget a partiellement répondu à mon désir. Ce livre-album découpe la vie de la sulfureuse Colette en sept grandes parties comme l’annonce le titre, soit : Les sortilèges de l’enfance, Les apprentissages de Colette, Une femme de lettre qui a mal tourné, Une carrière à perdre le souffle, Entre reconnaissance et scandale, Une femme parmi les autres, Savoir décliner. Maget nous offre un survol du parcours hors du commun de l’écrivaine, illustré par pas moins de 339 photos (personnages et documents d’archive). Le plaisir de l’image compense pour un texte plutôt synthétique. Mais pour qui aime Colette ou aimerait la découvrir, ce magnifique livre-album constitue une introduction choisie.

Extrait

De quoi faire pleurer Marcel Proust, qui écrit à Colette une longue lettre, modèle de critique littéraire et stylistique d’un écrivain à un autre écrivain, et qui témoigne de l’estime sincère dans laquelle l’auteur d’À l’ombre des jeunes filles en fleurs tenait sa consoeur: «J’ai un peu pleuré ce soir, pour la 1re fois depuis longtemps, et pourtant depuis q[uel]q[ue] temps, je suis accablé de chagrin, de souffrances et d’ennuis […]. Les deux lettres finales, c’est le chef-d’oeuvre du livre. Peut-être s’il fallait absolument pour vous montrer que je suis sincère dans mes éloges vous dire ce que je ne me permettrais pas d’appeler une critique, appliquée à un Maître tel que vous, je trouverais que cette lettre de Mitsou, si belle, est aussi un peu trop jolie, qu’il y a, parmi tant de naturel admirable et profond, un rien de précieux.»(p. 146)

À lire, en complément, un article de Manon Dumais dans Le Devoir, qui s’entretient avec l’auteur, Frédéric Maget, lors de la sortie du livre.

Une vidéo de 7 minutes, très intéressante, donne la parole à l’auteur qui explique sa passion pour Colette, passion qui soutient la création de ce très beau livre.

Frédéric Maget, Les 7 vies de Colette, Flammarion, 2019, 230 pages

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