Une dernière rafale

Avec Les derniers des branleurs, ce n’était pas gagné d’avance. La brique de Vincent Mondiot nous plonge dans l’univers tordu de lycéens français en danger de rater cette importante étape du parcours scolaire, celui qui leur permettra d’accéder aux études supérieures. Ce ne sont pas de mauvais ados, mais ils ont juste perdu tout intérêt pour leurs études et leur préfèrent le temps passé à fumer des joints, à s’amuser à des jeux vidéo ou à lire des bandes dessinées de manga. Pourtant, malgré le décalage entre leur univers et le mien, malgré leur langage d’ados mal embouchés, malgré le peu de péripéties du récit, je me suis surprise à tenir bon, à vouloir savoir à quoi rimerait cette histoire. Les personnages sont à la fois détestables et attachants. À mon propre étonnement, j’ai bien aimé.

Prix Vendredi 2020

Vincent Mondiot, Les derniers des branleurs, Acte Sud junior, 2020, 451 pages

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Ce qui plaisait à Blanche ne m’a pas beaucoup plu. J’avais pourtant été harponnée dès les premières pages, mais la suite a fini par me lasser. L’auteur nous parle d’un homme qui se laisse séduire par une femme au magnétisme exceptionnel, femme qui aime entraîner sa cour dans des soirées plus que sulfureuses où tout est permis et son contraire. Jean-Paul Enthoven crée un univers aux accents gothiques dont la substance me semble quand même légère.

Prix Interallié 2020

Jean-Paul Enthoven, Ce qui plaisait à Blanche, Grasset, 2020, 309 pages

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Après ces deux livres très particuliers, j’ai eu le goût de me plonger dans un roman qui ne me laisserait pas le temps de souffler. Les ombres de Katyn, du regretté Philip Kerr, me promettait ce genre de plaisir. Comme toujours, les oeuvres de Kerr sont basées sur des événements historiques bien documentés comme en font foi les notes de l’auteur en fin de récit. Dans ce roman, Kerr nous présente une scène troublante de la Deuxième Guerre mondiale : les Russes ont abattu et enterré dans la forêt de Katyn, 14500 officiers polonais. L’action du récit se situe en 1943, alors que les Allemands, installés dans le coin, découvrent le site d’enfouissement. Bernie Gunther, le célèbre inspecteur créé par l’auteur, y est dépêché pour enquêter sur le drame qu’on ne fait encore que soupçonner. Kerr arrive à nous instruire de cette terrible page d’histoire sans pour autant renoncer à son humour caustique qui allège par moment l’atmosphère. Un excellent Kerr.

Philip Kerr, Les ombres de Katyn, Le livre de poche, 2013, 661 pages

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Dans un tout autre registre, le plus récent bouquin de Bernard Pivot, … mais la vie continue. L’octogénaire nous parle des avantages et des désagréments de la vieillesse avec l’humour et la légèreté qui le caractérisent. Il éblouit par l’étendue de son vocabulaire et des expressions avec lesquelles il jongle avec un plaisir évident. J’ai souri, j’ai même ri par moments. Un livre bonbon.

Bernard Pivot, … mais la vie continue, Albin Michel, 2021, 221 pages

Sur ce, je met fin à la tenue de ce blogue que j’ai alimenté durant plus de dix ans. D’autres activités me demandent de leur consacrer davantage de temps et celui-ci n’étant pas élastique… Merci à vous tous qui m’avez lue et qui avez parfois partagé vos réflexions. Et bonne lecture !

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