L’homme inquiet

C’était sa dernière enquête. C’était d’ailleurs inscrit en petites lettres sous le titre : L’homme inquiet. La dernière enquête de Wallander*. Cruel Henning Mankell!

Si vous ne le connaissez pas, je vous recommande chaudement cet auteur et la série d’enquêtes avec ce détective si attachant : Kurt Wallander. On se prend à aimer ce policier plus humain que nature, intuitif, colérique, tendre et insupportable, en particulier avec sa fille adorée, pas trop en forme, mais se promettant toujours de se mettre à l’exercice. Dans cette neuvième et dernière aventure, l’homme inquiet n’est pas tant l’ancien colonel de la marine suédoise mêlé à une histoire d’espionnage sur fond de guerre froide que Wallander lui-même qui revisite son passé sur fond de nostalgie. L’homme vieillissant (ce sont ses mots, il n’a pourtant que 60 ans!), depuis peu grand-père, fait un bilan lucide et parfois tragique de sa vie. Et il a peur. Comme jamais. De la mort

L’extrême précision des descriptions de Mankell crée une tension qui nous saisit dès le début pour ne plus nous lâcher. On entre pour ainsi dire dans la peau de notre héros (comme ce terme lui convient mal!) et on ressent ses peurs, ses angoisses et son entière focalisation sur la résolution de l’énigme. Le temps de quelque 552 pauvres petites pages qui passent toujours trop vite, nous vivons intimement avec ce fin limier dont on aurait bien aimé suivre la trace encore de nombreuses fois. Sachez cependant que sa fille, Linda, a marché dans les pas de son père le temps d’une enquête (Avant le gel, 2005).

* Tout chaud sorti du Seuil (Policiers), octobre 2010

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