Entre intelligence et bêtise: un moment de pur bonheur

La Grande librairie* nous offre cette semaine un moment délectable avec des invités tous plus intéressants les uns que les autres. J’avais d’abord été attirée par Erik Orsenna (Portrait du Golf Stream, La grammaire est une chanson douce) qui a le don de s’emparer d’un sujet austère pour l’étudier sous tous ses angles, en s’appuyant sur ceux qui savent, et nous rendre le tout de sa plume précise, élégance et finement humoristique. En le lisant on se croit intelligent. Il nous parle cette fois-ci de La géopolitique du moustique. Faut le faire. Et quelle fougue pour en causer! Faut savoir que le fil d’Ariane de cette émission, c’est la bêtise humaine et l’intelligence animale. Pour en traiter, il a également invité le doyen de l’Académie française, René de Obadia, un jeune homme de 98 ans dont la verdeur d’esprit fait les délices d’Orsenna et des autres. Aussi du nombre, Emmanuelle Pouydebat, une scientifique qui publie L’intelligence animale, et Denis Grozdanovitch, Le génie de la bêtise. J’avais beaucoup aimé certains des chapitres de L’art perdu de ne presque rien faire. Je ne doute pas que ce dernier opus soit tout aussi intéressant. Enfin, entre tous les invités, circule la chaleur,  la complicité, voire la tendresse. Un pique-nique littéraire, un feu d’artifice du langage. Et le point d’orgue de cette réflexion sur la bêtise, la grande Toni Morrison qui nous parle depuis sa maison de New York de ce qui se passe dans son pays. Comme le résume si bien Grozdanovitch, ce n’est pas Make America great again, mais plutôt Make America White again.

Ne manquez pas ce moment de pur bonheur.

*6 avril 2017

Laisser un commentaire