La passeuse

Je suis une femme de la montagne. Porteuse des mots dits. Je suis sortie des flancs généreux des montagnes du Yémen. Comme une coulée de lave. J’ai cueilli les mots comme fleurs. Je les ai transplantés dans un livre très beau. Ils ont refleuri, se sont multipliés à l’infini, ont confiné à l’insondable. Ces motsLire la suite « La passeuse »

Des pas dans la ville

J’avais mes raisons de suivre cet homme? Autrefois, je l’ai tant aimé. Un jour, à la suite d’une violente dispute, il est parti sans laisser d’adresse? Longtemps, j’ai cru qu’il avait quitté la ville. Aussi, mon cœur fait un bond quand je l’aperçois dans le jardin où je prends souvent mon repas. Je le reconnaisLire la suite « Des pas dans la ville »

La carte et le territoire

Lorsque j’ai refermé, hier, La carte et le territoire de Michel Houellebecq, prix Goncourt 2010, j’aurais pu le ranger dans la section des livres lus et à prêter de ma bibliothèque et passer à autre chose. Ce fut mon premier réflexe. Et puis non, je me suis dit qu’il importait que je m’explique en quoiLire la suite « La carte et le territoire »

La plage

Mais qu’est-ce qu’une plage? Une bande de sable cousue à la mer. Oui, mais encore… Du haut de mon nid, je suis captivée par les milliers de pas qui témoignent de la fascination qu’exerce ce grand carré de sable sur les bipèdes à peau et à plumes et dont les manifestations varient au gré du jour. DansLire la suite « La plage »

Le beau et le laid

La Floride n’en finit plus de m’interpeler. Quel charme  peut trouver à ce riche appendice de l’Amérique une fille qui a grandi dans la verte campagne québécoise et qui y a puisé l’amour de la nature? Le nid que nous y avons trouvé est suspendu entre mer et ville. Nous y sommes heureux comme desLire la suite « Le beau et le laid »

Ténèbres et lumière

 À l’ombre du parasol, le velours du vent sur la peau, l’émeraude de la mer au coin de l’œil, fondue dans la lumière du ciel, je referme mon livre comme on fermerait une porte grinçante sur un monde de fureur et de ténèbres. Il ne peut pas y avoir contraste plus saisissant que mon hiverLire la suite « Ténèbres et lumière »

Un monde de lenteur

L’an passé, j’avais été envoûtée par ce paysage de début du monde, terre et eau en symbiose. Monde de reptiles et d’oiseaux, monde d’avant les mammifères. Dans cet univers en évolution, l’humain, anachronique, par quelque anomalie du temps, me semblait observer le monde dont il émergerait des millions d’années plus tard. Nous sommes de retourLire la suite « Un monde de lenteur »

La prime

À l’écart, sur la galerie, elle regarde s’éloigner la voiture emportant sa fille et son petit-fils. Son cœur se serre. Ne pas penser. Prendre les minutes une à une. Se rendre à lundi sans s’effondrer. Elle doit attendre de savoir. Lundi… le médecin lui expliquera pourquoi des examens complémentaires sont requis. Combattre la certitude deLire la suite « La prime »

Un hiver en Floride

Je passe l’hiver en Floride. Vive l’hiver! Ne voyez pas en ceci une facétie ou un pied de nez à ceux qui le passent les deux bottes dans la gadoue des villes ou les deux skis dans les pistes immaculées de nos austères forêts d’épinettes. Non, entendez dans cette joyeuse exclamation mon bonheur d’être làLire la suite « Un hiver en Floride »

Sur le vol de la Corneille de Miron

La corneille de Miron m’est venue par grand vent. Alors que dans mon coin de broussailles et d’eau, la rivière trébuchait de hâte sur quelques glaces obstinées. Après des pages et des pages d’émotions intimement connues et reconnues, toute remuée comme les arbres malmenés autour de la maison qui craque, la corneille a croassé. PetitLire la suite « Sur le vol de la Corneille de Miron »

Le chant primitif

Un jour, dans une forêt du Maine où j’étais allée faire de la randonnée, j’ai entendu une musique de début du monde. Il faisait nuit noire. J’étais couchée et les enfants dormaient déjà. De l’autre côté de la rivière, des Indiens se sont mis à chanter. Leur tam-tam battait comme un cœur. Je ne comprenaisLire la suite « Le chant primitif »

La fin de la nuit

Saoule de fatigue, une journée de plus dans les reins, je sors du bureau. Dehors, la ville a disparu. Le ciel s’est effondré sur elle. La neige tourbillonnante m’étouffe. Je me rentre le cou dans les épaules et, le capuchon de mon manteau rabattu sur le visage, je me traîne à l’aveuglette vers le bistroLire la suite « La fin de la nuit »

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