Collation des grades

Samedi dernier, je recevais mon diplôme de maîtrise en études littéraires (création) des mains du recteur de l’Université Laval. Informés par mon tendre amour, plusieurs ont eu la gentillesse de me transmettre leurs félicitations et j’en suis très touchée. Très fière aussi d’avoir mené ce projet à terme et contente de l’avoir vécu jusqu’au bout, soit la remise officielle du parchemin. Toute une expérience à divers points de vue!

Une minorité visible. À l’œil, j’étais à l’évidence la seule sexagénaire dans cette fourmilière bourdonnante de jeunes finissants. Heureusement le port de la toge créait une sorte d’uniformisation et l’illusion d’une appartenance à la masse. Car il est toujours difficile d’assumer sa différence, surtout lorsqu’elle saute aux yeux.

Le décorum. Grand-messe officiée par un recteur aux couleurs cardinalices. Toutes ces robes noires, toutes ces manches volantes, tous ces signes marquant la hiérarchie, du simple ruban rouge pour les moins gradés à l’hermine pour les hauts rangs! Rites d’un autre âge, adoubement aux accents moyenâgeux, cérémonie de passage… Nous étions admis, selon nos degrés respectifs, dans la secte des gens du savoir. Il me semble y avoir beaucoup à méditer de cette mise en scène…

Le doctorat honoris causa remis à Denis Vaugeois, ancien ministre, historien, éditeur et j’en passe. Nul doute que sa riche carrière répond aux exigences du grade. Mais ce qui m’a le plus remuée, c’est l’émotion à laquelle il a succombé durant la longue ovation de la foule. Que trois quarts de siècle et nombre de marques de reconnaissance n’aient pas blasé l’homme public. Touchant, touchant, cet homme qui cache ses larmes dans ses mains.

L’organisation. Imaginez le tour de force qui consiste à compacter les discours officiels, la remise d’un doctorat honoris causa et de 500 diplômes en deux heures bien comptées! Sans le moindre pépin apparent.

Et voilà! Elles sont terminées ces études. Et elles m’auront beaucoup apporté. Reste à écrire, à publier. Un manuscrit est présentement entre les mains d’éditeurs… Deux autres projets sont en voie de création, un roman et un récit autobiographique. Plus rien ne justifie que n’advienne ce métier d’écrivaine trop longtemps différé. Et de vous le dire m’y oblige un peu plus.

3 réflexions sur “Collation des grades

  1. Encore toutes mes félicitations! et bien contente de te mettre un peu de pression!
    je t’embrasse

    Nadine

  2. Bravo! Nous faisons partie de la génération qui a fait passer par dessus-bord la plupart des rites de passage, sans savoir ce que nous manquions… Ce qui est cependant merveilleux pour nous, c’est de pouvoir les vivre plus tard, après avoir continué à vouloir apprendre. Je partage tes émotions et nous souhaite de rester allumées!!!
    Avec toute mon affection.

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