Les Correspondances : conclusion

Grande rencontre ce matin sur la scène de la Terrasse Québecor! Sur le thème de L’enfance, au risque de la mémoire, Michael Delisle et Herménégilde Chiasson ont rivé l’auditoire à leur propos orchestré de main de maitre par Marie-Andrée Lamontagne, écrivaine, éditrice, journaliste et traductrice.

Les deux auteurs ont en commun le fait d’avoir connu une enfance qu’on pourrait qualifier de tout, sauf d’ydillique. Milieu défavorisé, parents désunis, violence familiale, etc. Ils ne sont pas les seuls, bien sûr. Mais ils font partie de ceux qui arrivent  à en tirer une oeuvre de haute volée. Delisle, dans Le feu de mon père, et Chiasson dans Autoportrait, une oeuvre multiformes et multi publications réunies dans un même coffret.

Après un début assez théorique portant sur la forme des oeuvres en question et sur l’influence réciproque de la forme et du fond, le propos se resserre autour du thème : le rique de la mémoire. Ce risque est celui de l’aveu. Mettre à nu, sur la place publique, ses origines indigentes. Ce n’est pas rien. Le risque, c’est encore, me semble-t-il, que le lecteur reste accroché à l’aspect anecdotique de l’oeuvre et oublie la démarche esthétique qui la porte et dont c’est le but premier. Michael Delisle explique bien comment ses relations parentales sont liées au fait qu’il soit devenu écrivain, comment aussi l’histoire familiale fonde l’être et comment enfin le travail de relecture de ce passé singulier concoure à la maturation de l’identité, au processus sans fin du devenir de l’être humain. Les deux poètes ont également expliqué en quoi l’indigence originelle de leur enfance pouvait devenir le moteur de leur processus de création

Les lectures d’extraits étaient éclairantes et touchantes, particulièrement celle émue et émouvante de Chiasson relatant le jour ou il a commencé à lire.

Un grand moment vraiment!

À l’heure du lunch, nous nous sommes régalés d’un croque-monsieur à l’effiloché de canard sur la terrasse de la Bicoque après une attente, il faut cependant le dire, exagérément longue. 

Maurice sur la terrasse du restaurant La Bicoque

Puis nous avons regagné la Terrasse Québecor en vitesse pour ne pas rater la rencontre avec le seul Immortel que compte le Québec, Dany Laferrière. Rencontre qui m’a cependant laissée sur mon appétit. Pour avoir assisté, l’an dernier, à sa classe de maître, j’avais des attentes assez élevées. Le thème de la nostalgie de l’enfance me tenait beaucoup à coeur. Or tant l’animateur que son invité semblait d’humeur à folâtrer. Mis à part quelques envolées sur l’embrigadement des enfants et l’excessive surveillance qui briment leur créativité, j’ai assisté plutôt dépitée au show de l’illustre écrivain, racheté en partie cependant par la magnifique lecture qu’a fait Marie-Thérèse Fortin de son oeuvre. 

Dany Laferrière

Et voilà! C’est fini! Nous avons repris le chemin du nid, tous deux remplis de paroles à méditer, à prolonger de nos propres mots, dans nos propres écrits. J’en étais à mes quatrième Correspondances. Je crois qu’ils ont gagné un fidèle de plus dans la personne de mon homme qui a adoré l’expérience.

 

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