Amertume

Je me demandais quoi penser de Burgundy de Mélanie Michaud. Après l’avoir terminé, je suis allée lire les critiques et les commentaires en ligne, espérant m’aider à mettre des mots sur mon impression de léger malaise. Le roman-récit semble avoir conquis à peu près tout le monde. Moi, j’ai surtout eu hâte qu’il se termine.

On dit de Mélanie Michaud qu’elle est drôle. C’est vrai que son écriture est imagée, percutante, efficace. Les formules frappent juste. Mais je n’ai jamais ri. Du début à la fin, je n’ai entendu que misère, douleur et noirceur.

Je comprends qu’elle raconte une enfance difficile. Je ne remets pas en question ce vécu. Mais j’ai eu l’impression qu’on me déversait un flot ininterrompu de fiel. À part quelques pages consacrées à une grand-mère aimante, tout est sombre. N’y avait-il vraiment aucune parcelle de lumière? Aucun moment de chaleur? Même dans les pires enfances, il reste souvent une ruelle où l’on joue, un voisin bienveillant, un éclat de rire.

J’ai tout de même apprécié la façon dont l’autrice dépeint les bas-fonds de la Petite-Bourgogne — Burgundy pour les intimes. On sent la dureté du quartier, l’exclusion, le désespoir. Mais j’aurais aimé qu’on y laisse aussi entrer un peu d’air.

C’est peut-être simplement moi. J’avais besoin d’un peu de soleil, d’un peu d’espoir. Ou peut-être que je ne m’y reconnais pas, ayant grandi dans un environnement beaucoup plus doux. Pourtant, j’ai déjà lu plusieurs romans racontant des enfances brisées qui, malgré toute leur dureté, me laissaient avec autre chose qu’un goût amer au fond de la gorge.

L’autrice dit écrire son histoire pour l’effacer. Pourtant, je n’ai pas eu l’impression qu’elle s’en libérait. La colère et l’amertume occupent tellement d’espace qu’elles finissent, pour moi, par étouffer tout le reste. C’est sans doute ce qui explique mon malaise… ou si je suis simplement passée à côté de ce que tant d’autres y ont trouvé.

Écouté sur Ohdio.


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