Lectures de voyage

Ma découverte d’un auteur archi connu

Le premier m’a été laissé par des amis lors de leur passage à Sunny Isles. Je comptais en faire ma lecture de voyage, mais je l’ai malheureusement terminé avant même de partir. C’est vous dire comment il était captivant. 

L’engrenage

L’engrenage de John Grisham met en scène trois juges véreux, surnommés les Frères, écroués dans une prison à sécurité minimale de la Floride. Pour se faire des sous, nos trois fripouilles, aidées d’un avocat tout aussi pourri qu’eux, arnaquent des hommes d’âge mûr ayant toujours caché leur homosexualité en leur adressant des lettres aguichantes sous la signature de jeunes délinquants en quête d’un protecteur. Lorsque le poisson est ferré, ils passent à l’extorsion. 

En parallèle, le grand patron de la CIA décide de faire d’un politicien peu connu le prochain président des États-Unis. Peu connu, mais sans tache, et surtout disposé à appuyer le réarmement des États-Unis pour faire face à la menace nucléaire que la CIA sent venir de l’Est. Leur candidat connaît une montée fulgurante et tout va pour le mieux jusqu’à ce que le directeur de la CIA comprenne que son homme est aussi un des correspondants des Frères…

Grisham écrit sans fioritures, sans métaphores ou autres effets de style, mais son efficacité et son sens de l’intrigue vous rivent à votre fauteuil jusqu’à la dernière page. 

John Grisham, L’engrenage, Best-Sellers Robert Laffont, 2001,365 pages

Fleur vénéneuse

Mon second, je l’ai terminé sur l’avion de retour. Tout aussi captivant, mais d’une tout autre mouture, Fleur vénéneuse de Joyce Carol Oates est une histoire troublante et oppressante.

Terence Green, un homme issu d’un milieu modeste, néanmoins diplômé d’Harvard, est marié à la très riche Phyllis. Ce directeur d’une prestigieuse fondation artistique et sa petite famille vivent dans une chic banlieue de New York et fréquentent tous les week-ends leurs voisins et amis, au grand dam de Terence qui aimerait bien de temps en temps rester à la maison. Une assignation à comparaître va bouleverser sa vie en lui faisant rencontrer la trop belle Ava-Rose Renfrew dont il va tomber éperdument amoureux. On réalise vite que sa famille dysfonctionnelle, sous ses apparences bourgeoises, ne peut le protéger de s’enfoncer dans une double vie. On découvre aussi la nature secrète de Terence, à la fois d’une naïveté sans nom face aux étranges activités des Renfrew et d’une violence terrifiante tapie sous sa réputation d’homme gentil. 

Joyce Carol Oates est une écrivaine prolifique et de grand talent. L’enchaînement de détails et de pensées disséminés ici et là génère une atmosphère menaçante où se meuvent des personnages tortueux à souhait dans une Amérique snob et puritaine. 

Joyce Carol Oates, Fleur vénéneuse, Archipoche, 1997 (2000 pour la traduction française, 314 pages

La dernière récolte

Mon dernier livre, je l’ai téléchargé pour me rendre jusque chez moi. La dernière récolte, toujours de John Grisham. Étonnant comme cet auteur peut créer des univers différents.

L’histoire est racontée par Luke Chandler, un petit garçon de 7 ans vivant sur une ferme de coton, dans l’Arkansas des années 50, avec ses parents et ses grands-parents. Le récit dure le temps d’une récolte, qui exige l’embauche de ceux des collines et des Mexicains. Tous ces gens, une quinzaine de personnes, s’installent sur la terre des Chandler, les Mexicains, dans le fenil, et ceux des collines, sous la tente. Or, il s’avère que ces gens ne sont pas tous des enfants de chœur… La curiosité de Luke en fera le témoin muet d’événements troublants ou violents.

L’attachant petit garçon, qui rêve de jouer dans l’équipe de baseball de Saint-Louis, nous introduit dans cette Amérique rurale, extrêmement religieuse et violente. On ressent comme si on y était le dur métier du coton, la menace des éléments, la chaleur du Sud, la crasse et la pauvreté. Mais aussi la rude affection dont il est l’objet, la vaillance des travailleurs comme des membres de la famille. 

Le style de Grisham, tout aussi sobre dans ce roman que dans L’engrenage, n’en crée pas moins un univers sensible et crédible dans lequel on s’immerge avec bonheur.   

John Grisham, La dernière récolte, Robert Laffont, 2001 (2002 pour la traduction française), 343 pages

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